Cet essai analyse les lacunes dans la mise en œuvre des normes de protection des enfants associés aux gangs armés en Haïti, particulièrement dans un contexte marqué par le développement endémique de la violence des gangs armés. Malgré des engagements constitutionnels et internationaux solides, le dispositif juridique demeure fragmenté, obsolète et inadapté aux réalités actuelles. D’une part, les lois contre l’exploitation des enfants insuffisamment alignées sur les conventions internationales ratifiées par Haïti souffrent de lacunes significatives et d’une mise en œuvre défaillante. De plus, la non-ratification de certains instruments juridiques internationaux pertinents, notamment le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication des enfants dans les conflits armés signé par Haïti le 15 aout 2022, crée un vide juridique criant face à l’exploitation des enfants par les gangs armés.
D’autre part, l’essai dénonce les défaillances de la justice juvénile en Haïti, en décalage avec les standards internationaux. Marquée par une approche répressive plutôt que protectrice, cette justice juvénile favorise la détention au détriment de la réhabilitation dans un contexte d’incohérences législatives concernant l’âge de la responsabilité pénale des enfants. Cette approche répressive contribue à des conditions de détention inhumaines, exacerbée par l’absence de dispositifs efficaces pour la réhabilitation des enfants en conflit avec la loi.
Enfin, l’analyse met en évidence les limites du droit international humanitaire face aux dynamiques conflictuelles contemporaines, illustrées par le contexte haïtien. Pour répondre aux violations flagrantes des droits des mineurs enrôlés par les gangs armés en Haïti, l’essai préconise trois axes de réforme urgents fondés sur une approche holistique ancrée dans la convention relative aux droits de l’enfant. Ces réformes visent entre autres: l’adaptation et l’harmonisation du cadre normatif aux standards et conventions internationaux et aux enjeux actuels de protection de l’enfance, le renforcement des capacités institutionnelles, la mise en place d’une justice transitionnelle prenant en compte les réalités culturelles haïtiennes ainsi qu’une coopération internationale renforcée. Cette vision globale prônée par l’essai, vise à offrir aux enfants associés aux gangs armés en Haïti une véritable chance de réintégration sociale et de protection durable.
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