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Introduction

1. Mise en contexte
L’Unité de Gestion de Projets (UGP) a été créée par le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) pour assurer la mise en œuvre, la supervision et le suivi des programmes sociaux financés par les partenaires techniques et financiers. Elle constitue l’un des instruments centraux du ministère pour opérationnaliser les orientations définies dans la Politique Nationale de Protection et de Promotion Sociale (PNPPS). Sa création répond à la nécessité de renforcer les capacités institutionnelles du MAST et de disposer d’un cadre cohérent pour la gestion efficace des projets de protection sociale en Haïti.

Placée sous la supervision directe de l’Unité d’Études et de Programmation (UEP), l’UGP fonctionne comme une structure de coordination technique et administrative, chargée d’assurer la planification, la mise en œuvre et le suivi des interventions sur le terrain. Elle regroupe des équipes expérimentées basées à Port-au-Prince et à Jérémie, assurant ainsi un lien étroit entre les niveaux central et départemental. Cette organisation permet de rapprocher les actions des besoins réels des populations, tout en garantissant la cohérence des opérations avec les priorités nationales du MAST.

À ce jour, l’UGP gère deux projets majeurs financés par la Banque Mondiale, qui illustrent la volonté du ministère de promouvoir une politique sociale inclusive, axée sur la résilience et l’autonomie des ménages vulnérables. Il s’agit du Projet de Protection Sociale Adaptative pour une Résilience Accrue (PSARA) et du Projet de Promotion de l’Inclusion Productive des Personnes Handicapées (PROPIPED).
Le premier vise à renforcer la résilience socioéconomique des ménages en leur offrant un filet de sécurité financière à travers des transferts monétaires, tout en posant les bases d’un système national de protection sociale adaptative. En complément, il met en place des mécanismes institutionnels destinés à améliorer la capacité du pays à répondre aux crises et aux chocs, qu’ils soient économiques, sociaux ou climatiques. Le PSARA se déploie dans les départements de la Grand ‘Anse et du Sud et comprend plusieurs volets : la distribution des transferts, l’appui aux mesures d’accompagnement, la gestion du projet et son suivi-évaluation, ainsi qu’une composante contingente dédiée à la réponse d’urgence.

Quant au second, le PROPIPED, il s’inscrit dans une dynamique d’inclusion et de promotion économique des personnes vivant avec un handicap. Le projet vise à améliorer leurs conditions de vie en facilitant leur accès à des programmes de développement économique, à la formation professionnelle et à des activités génératrices de revenus. Mis en œuvre en collaboration avec le Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH) et les Organisations de Personnes Handicapées (OPH), le projet prévoit d’enregistrer environ 1 500 bénéficiaires dans le département de la Grand ‘Anse, selon les critères de vulnérabilité définis par l’Indice National de Privation et de Vulnérabilité (INPV).

Ces deux initiatives traduisent une approche intégrée du développement social, combinant assistance économique, inclusion productive et renforcement institutionnel. Elles visent à doter le MAST de capacités durables en matière de gouvernance sociale, tout en instaurant des mécanismes de suivi et de redevabilité conformes aux standards de performance exigés par la Banque mondiale. Grâce à cette approche, l’UGP joue un rôle clé dans la professionnalisation du secteur social et dans la consolidation de la gouvernance publique axée sur les résultats.

Compte tenu des risques fiduciaires inhérents aux opérations des projets du secteur social particulièrement les transferts monétaires (ciblage des bénéficiaires, paiements, risques de fraude et d’erreurs), il est requis de renforcer les mécanismes de contrôle interne à travers le recrutement d’un(e) Contrôleur(se) Interne en vue d’appuyer l’UGP dans la mise en place, l’opérationnalisation et le suivi d’un système de contrôle interne efficace, conforme aux exigences de la Banque mondiale, afin d’assurer la transparence, la redevabilité et la bonne utilisation des ressources du projet. Compte tenu :
• Des flux importants de liquidités,
• Des risques élevés de fraude et d’erreurs opérationnelles,
• Des exigences strictes des bailleurs et des autorités nationales


2. Objectifs du Poste
Sous la supervision de la Coordination Nationale de l’UGP et en collaboration avec les équipes Fiduciaire et Opérationnelle du Projet, le/la Contrôleur(e) Interne aura pour mission principale d’assurer que les procédures en place et actions prises contribuent une gestion transparente, efficace et conforme des ressources financières en veillant au respect des procédures internes, des exigences légales et réglementaires ainsi que des exigences de la Banque mondiale en conformité avec le Manuel de Procédures de Gestion Administrative, Financière et Comptable et les manuels d’opérations des Projets.

2.1. Objectifs spécifiques
• Évaluer le système de contrôle interne existant ;
• Identifier et analyser les risques fiduciaires
• Proposer des mesures de mitigation adaptées
• Assurer un suivi régulier de la conformité des opérations


Fonctions

3. Taches Spécifiques
Le/la Contrôleur(e) Interne est chargé(e) de s’assurer que les opérations de UGP-MAST, en particulier des projets implémentés par l’unité, sont exécutées conformément aux procédures établies, aux exigences de la Banque Mondiale et aux réglementations nationales, tout en contribuant à la prévention de la fraude, des erreurs et des irrégularités.

Le/la Contrôleur(e) Interne a pour tâches spécifiques :
3.1. Evaluation du système de contrôle interne
• Examiner les dispositifs de contrôle interne existants (administratif, financier, opérationnel)
• Évaluer leur conformité avec les exigences de la Banque mondiale
• Réaliser une cartographie des risques fiduciaires du projet
• Élaborer et/ou mettre à jour le manuel de procédures administratives, financières et opérationnelles
• Contribuer à l’élaboration/a la mise à jour des manuels d’opération et Manuels de Procédures de Gestion Administrative, Financière et Comptable des projets
• Développer un plan de contrôle interne basé sur les risques (risk-based internal control plan)
• Mettre en place des outils de suivi et de traçabilité des opérations

3.2. Contrôle interne des opérations
• Évaluer l’efficacité des dispositifs de contrôle interne du projet
• Vérifier la conformité des procédures liées :
o À l’identification des bénéficiaires
o Aux paiements de cash transfert
o À la gestion des prestataires de paiement (banques, institutions de transfert, fintechs)
o A l’enregistrement des transactions dans le système d’information et de gestion de UGP-MAST (S.I.G & Sage 300).

• S’assurer du respect du manuel de procédures de l’UGP MAST et du Manuel des Opérations (MOP)
o Réaliser des contrôles ex-ante et ex-post des transactions
o Vérifier la conformité des dépenses avec les accords de financement et les procédures applicables
o Contrôler les processus de ciblage, d’enregistrement et de paiement des bénéficiaires
o Effectuer des missions de contrôle sur le terrain

3.3. CONTROLE DE L’ENGAGEMENT DES DEPENSES DU PROJET
o Contrôler la conformité au budget et l’exactitude des expressions des besoins par la vérification de la nature et des quantités des biens et services demandés ;
o Vérifier la valorisation des expressions des besoins et la disponibilité des crédits budgétaires alloués aux rubriques des dépenses concernées ;
o Vérifier les clauses contractuelles des marchés passés en vue d’assurer la gestion efficace des risques opérationnels, financiers, … liés à ces marchés ;
o Procéder à la revue de toute prospection des prix pour des acquisitions des biens et services non incluses dans le plan de passation des marchés ;
o Vérifier l’exactitude et la conformité des bons de commandes établis pour l’acquisition des biens et services.

3.4. CONTROLE DE L’EXECUTION DES DEPENSES
o Effectuer la revue des opérations soumises au paiement, avant leur approbation, afin de garantir leur éligibilité dans le cadre du projet et ce conformément aux procédures des bailleurs et aux manuels des projets,
o Vérifier que toute facture ou tout document à payer a été préalablement enregistré dans le facturier d’entrée et porte un numéro d’entrée ;
o Vérifier l’exactitude, la régularité et la conformité des factures ou autres documents à payer sur base des documents d’engagement, tels que bons de commande, contrat, convention, ….
o Vérifier le fonds et la forme des preuves de la réalité des dépenses à payer à travers des documents appropriés : les preuves d’approbation par les responsables attitrés des factures ou autres documents à payer, les PV de réception des biens et services, les décomptes et attachement des travaux exécutés, …
o Vérifier l’application des clauses contractuelles pertinentes dans les transactions en présence : les modalités de paiements, les prix contractuels, les délais de livraison, les livrables, …
o Réexaminer, à chaque transaction, la conformité aux prévisions budgétaires de la nature des dépenses, des quantités, des barèmes et tarifs appliqués ainsi que l’exactitude des montants par rapport aux crédits budgétaires disponibles ;
o Proposer, au besoin, à des corrections nécessaires sur les montants de dépenses à effectuer ;
o Procéder à l’examen de toutes autres dispositions budgétaires ;
o Contribuer à la préparation des correspondances nécessaires, y compris en destination des tiers (fournisseurs, consultants, entrepreneurs, …), en cas de contestation des dépenses ;
o Vérifier que chaque titre de paiement (chèque, numéro de compte, ordre de virement, bon de caisse, …) est supporté par des documents justificatifs ;
o S’assurer que toutes les imputations comptables ont été faites dans les catégories et composante appropriées.

3.5. CONTROLE DE LA JUSTIFICATION DES AVANCES
o Vérifier l’existence des pièces justificatives correspondant à l’utilisation des avances,
o Vérifier l’enregistrement dans le facturier d’entrée, moyennant un numéro d’entrée, du récapitulatif des pièces justificatives liées à une avance,
o Examiner le délai de soumission des pièces justificatives des avances,
o S’assurer de l’apurement comptable des avances, provisions à justifier
o Participer à la préparation des correspondances nécessaires, y compris en destination des tiers (fournisseurs, consultants, entrepreneurs, …), en cas de contestation des pièces justificatives ou des dépenses jugées inéligibles

3.6. Prévention et gestion des risques et de la fraude
o Identifier les risques financiers et opérationnels liés au cash transfert
o Contribuer à la cartographie des risques du projet
o Détecter et signaler toute irrégularité, fraude ou tentative de détournement
o Appuyer les enquêtes internes et le suivi des mesures disciplinaires le cas échéant
o Identifier les zones de vulnérabilité aux fraudes
o Proposer et suivre la mise en œuvre de mesures de prévention
o Veiller au respect des directives de la Banque mondiale en matière de lutte contre la fraude et la corruption.

3.7. Conformité et exigences des bailleurs
• S’assurer du respect :
o Des accords de financement
o Des procédures fiduciaires des bailleurs
o Des normes de transparence et de redevabilité
o S’assurer du respect des délais
• Préparer et accompagner les missions d’audit externe et de supervision ;
• Assurer le suivi de la mise en œuvre des recommandations d’audit
3.8. Rapports et appui à la gestion
o Produire des rapports périodiques à l’attention de la Coordination nationale
o Fournir des avis techniques visant à améliorer les procédures et les contrôles
o Appuyer le renforcement des capacités du personnel en matière de contrôle interne
o Rapport de diagnostic initial (dans le premier mois)
o Cartographie des risques du projet
o Plan de contrôle interne basé sur les risques
o Rapports trimestriels de contrôle interne
o Rapport annuel consolidé
o Notes de recommandations spécifiques (ad hoc)


Qualifications Requises

4. Qualifications et aptitudes requises
4.1. Formation et expérience
• Au moins un diplôme de master comptabilité, en audit, finance, gestion, économie ou domaine connexe avec une expérience minimum de cinq (05) ans au poste de contrôleur interne, d’audit interne, de contrôle de gestion ou d’auditeur senior dans un cabinet, dont les trois dernières années dans un poste d’auditeur interne ou de contrôleur interne ;
• Ou un diplôme de licence dans les mêmes domaines avec une expérience minimum de huit (8) ans, dans la pratique de l’audit interne ou de pratique de l’audit externe financier et comptable, audit de gestion ou audit opérationnel au sein d’un cabinet d’audit reconnu par l’ordre professionnel du pays d’origine, et/ou de l’audit interne en entreprise ou dans les projets de développement, dont les cinq (5) dernières années dans un poste d’auditeur interne ou de contrôleur interne ;
• Certification professionnelle (CIA, ACCA, CPA, CISA), un atout
· Expérience avérée sur des projets financés par des bailleurs internationaux sera un atout
· Expérience dans les projets de transferts monétaires ou de protection sociale (atout majeur)
· Expérience en cash transfert microfinance ou programmes sociaux, fortement souhaitée sera un deuxième atout majeur.

4.2. Compétences techniques
• Excellente maîtrise des techniques d’audit et de contrôle interne
• Bonne connaissance des exigences fiduciaires des bailleurs
• Capacités d’analyse et de rédaction de rapports
• Bonne maîtrise des outils informatiques (Excel, systèmes financiers)
4.3. Qualités personnelles
• Intégrité, indépendance et sens élevé de la responsabilité
• Discrétion et respect de la confidentialité
• Capacité à travailler sous pression et sur le terrain
• Bonnes capacités de communication

5. Langues
• Français : requis
• Créole haïtien : requis
• Anglais : atout


Conditions particulières

6. Éthique et intégrité
Le/la titulaire du poste doit respecter les principes suivants :
• Tolérance zéro envers la fraude et la corruption
• Respect du code d’éthique du MAST et des bailleurs
• Engagement envers la transparence, la redevabilité et la protection des bénéficiaires

7. Conditions générales
Les données collectées et les rapports produits sont la propriété de l’UGP-MAST. Le candidat sélectionné ne peut utiliser ces données pour ses propres recherches ni les utiliser à des fins commerciales.


Conditions de travail

8. Conditions et Rémunération
Le/la Controleur interne sera recruté.e pour une période initiale et à temps plein, avec une possibilité d’extension du contrat. La rémunération sera fixée en fonction des qualifications et de l’expérience du/de la candidat(e) et du mémorandum du MEF portant sur l’harmonisation des salaires des UGPs financés par la Banque mondiale.

Le poste sera pourvu sur une base contractuelle et à temps plein.


9. Lieu d'affectation
Le lieu d’affectation du poste est Port-au-Prince, avec des déplacements fréquents attendus vers les villes de province dans la Grand'Anse et dans le Sud au besoin.




Dossier de candidature doit avoir ...

Les intéressés (es) sont priés (es) de faire parvenir leur dossier (lettre de motivation, curriculum vitae et copie des attestations et diplômes) en un (1) seul fichier PDF.


Contact

Les intéressés (es) sont priés (es) de faire parvenir leur dossier (lettre de motivation, curriculum vitae et copie des attestations et diplômes) en un (1) seul fichier PDF à l’adresse électronique suivante : ugp.mast@gmail.com ou le déposer sous plis cacheté au 4, impasse Alexis, Delmas 60 Musseau du lundi au vendredi de 09h00 jusqu’à 16h, au plus tard le 28 mai 2026.


Remarque contact


Autres remarques

10. Conflits d’intérêt
Il est porté à l’attention des postulant.e.s que les dispositions relatives aux règles de la Banque mondiale en matière de conflit d’intérêts du « Règlement de Passation des Marchés pour les Emprunteurs sollicitant le Financement de Projets d’Investissement (FPI) », daté du 1er Juillet 2016 révisé Novembre 2017 et Septembre 2025 exposant la politique de la Banque mondiale en matière de conflit d'intérêts, sont applicables.


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