Contexte
Haïti est l'un des pays les plus pauvres de l'hémisphère occidental et présente l’un des coefficients de
Gini les plus élevés au monde. Haïti est confronté à des crises multifactorielles, à la fois humanitaires
et structurelles, le maintenant très fragile tant face aux catastrophes naturelles que sur le plan politique,
économique et social. Avec la continuité d’actes de violence par des gangs armés – notamment dans
la grande aire métropolitaine de Port-au-Prince –, l'insécurité et la peur affectent toutes les activités
sociales et économiques du pays. L’ONU recense aujourd’hui plus de 300 gangs armés, dont la moitié
opère et contrôle la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Les actes de violence à large échelle, contre
le personnel soignant, éducatif, humanitaire et plus généralement contre des populations ont engendré
des déplacements de dizaines de milliers de civils qui cherchent un peu de protection dans les zones
rurales. Aujourd’hui, plus de la moitié de la population vit en insécurité alimentaire sévère (IPC 3+).
Protection sociale en Haïti
Diverses initiatives lancées par l’État haïtien depuis 2011 ont amené à l’élaboration, entre 2018 et 2019,
d’une nouvelle Politique Nationale de Protection et de Promotion Sociales (PNPPS) sous le leadership
du Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST). Cette politique a pour objectif de casser la
transmission intergénérationnelle de la pauvreté multidimensionnelle, favoriser l’autonomisation
personnelle et économique, et créer les conditions pour une plus grande égalité.
La mise en oeuvre de cette politique passe par des plans d’action territoriaux. Il s’agit à la fois de tenir
compte des réalités du terrain et d’assurer que les mécanismes de protection et de promotion sociales
contribuent au développement social et économique des territoires et de leurs populations.
L’axe 4 de la PNPPS vise à la Promotion et Protection Sociale Réactives aux Chocs (PPSRC). Un Plan
d’Action National (PAN) 2023-30 de la PNPPS est en cours de mise en oeuvre. Dans le cadre de ce
plan, la Banque Mondiale (BM) finance un programme de Protection Sociale Adaptative pour une
Résilience Accrue (PSARA) alors que le Programme Alimentaire Mondial (PAM) met en oeuvre son
programme Klere Chimen avec une approche similaire. Un groupe de travail réunissant le MAST, la
DGPC, et différents parties prenantes et bailleurs principaux, assurent la coordination et le suivi de ces
projets aux niveaux locaux, départementaux et nationaux.
L’engagement de la DDC
Les relations diplomatiques entre la Suisse et Haïti remontent à l’établissement en 1957 d’une
représentation consulaire convertie en ambassade en 2011. Au fil des années, la Suisse s’est
progressivement engagée en Haïti en vertu de son mandat humanitaire et a intensifié sa présence après
le tremblement de terre de 2010 et l’ouragan Matthew de 2016. Aujourd’hui, la Suisse est présente
dans le pays à travers un bureau humanitaire à Port au Prince (BH) et un bureau de projet à Port Salut.
La Coopération suisse a soutenu de 2019 à 2023 un programme national de promotion et protection
sociale (PROMES) en lien avec la politique nationale dans le Département du Sud-Est à travers le PAM
et Fonkoze. Suite à la stratégie de concentration géographique de la Suisse dans le Département du
Sud, une phase 2 du projet (PROMES II) a été lancé en 2024 avec le PAM comme partenaire principal.
Le projet devait initialement se conclure en juillet 2027 mais il a été prolongé d’une année en 2026, soit
une clôture en juillet 2028.
Objectifs du mandat
• Conduire une évaluation du projet PROMES II.
• Proposer des recommandations pour une suite éventuelle de la Suisse dans la Protection et
Promotion sociale (PPS).
Résumé du poste :
Cahier des charges
L’évaluation du projet devra permettre de :
• Apprécier la stratégie et les approches de mise en oeuvre du projet et les résultats obtenus sur le
plan qualificatif et quantitatif.
• Mesurer le niveau d’ancrage institutionnel du projet (partenariats, MAST, DGPC, etc.).
• Mesurer les résultats déjà atteints par rapport aux objectifs du projet.
• Apprécier la perception des acteurs du projet.
• Apprécier la satisfaction des bénéficiaires du projet, tant au niveau des institutions renforcées
que les récipiendaires visés par le programme.
• Identifier les problématiques particulières de la mise en oeuvre des transferts monétaires soit la
ligne d’action 1 (ciblage, méthodes de distribution, mécanismes de réclamation, information et
retours, mesures de correction). Analyser en particulier les résultats obtenus et la viabilité de
l’approche e-money.
• Mesurer l’adéquation des contributions avec la situation des bénéficiaires (calcul et montants des
allocations, schémas de dépenses, nombre de payements)
• Evaluer l’impact des différentes mesures d’accompagnement (ligne d’action 1).
• Evaluer la situation, la pertinence et la performance du SIMAST (Système d’Information du
MAST) et son application.
• Evaluer la capacité de réponse du programme selon le manuel opérationnel de la réponse aux
chocs du PSARA (ligne d’action 2).
• Evaluer l’impact du renforcer les capacités de la Direction Départementale du MAST, notamment
sa capacité pour pouvoir conduire et assurer la concertation large des acteurs autour de la
protection et de la promotion sociales en conformité avec la PNPPS et garantir la réalisation
selon les termes et standards prévus des lignes d’action du projet (ligne d’action 3).
• Analyser les changements dans la situation des bénéficiaires (positifs, négatifs, inchangés), en
appliquant une analyse différentiée par sexe ; fournir des informations sur des facteurs habilitant
et déshabilitant qui favorise une amélioration de la situation des femmes grâce au programme
• Assurer que toute l’étude soit mise en oeuvre en adoptant une perspective qui prenne en compte
le genre et qui met en lumière l’impact différentié que le programme peut avoir pour les hommes
et les femmes.
• Evaluer la mise en oeuvre de l’approche de « Gestion de projet sensible au conflit » au sein du
programme et visibiliser les défis rencontrés.
• Proposer des options pour une éventuelle phase ultérieure d’un projet similaire.
Méthodologie
L’évaluation se déroulera en trois phases :
• Préparation et consultation des parties prenantes du projet.
• Visites de terrain.
• Rédaction et rapportage.
Elle inclura les aspects suivants :
• Entente avec le BH sur les questions et problématiques à aborder et analyser.
• Rencontre avec les différentes parties prenantes du projet et du domaine de la PPS.
• Rencontre avec les bailleurs et partenaires principaux du domaine de la PPS.
• Analyse de l’état de la situation actuelle du système de sécurité sociale en Haïti.
• Revue des projets passés et en cours.
• Planification et organisation des visites de terrain en coordination avec le Responsable National
de Programme à Port-au-Prince.
• Atelier de présentation du rapport d’évaluation au BH.
• Intégration des remarques dans le rapport final.
Résultats attendus (livrables)
• Rapport préliminaire à soumettre avant le 15 janvier 2027.
• Rapport intermédiaire à soumettre avant le 28 février 2027.
• Brouillon du rapport final à soumettre avant le 15 avril 2027.
• Rapport final à soumettre pour le 30 avril 2027.
Les coûts liés à l’évaluation (déplacements, ateliers, hébergements) seront inclus dans l’offre.
Durée et planning
L’évaluation est prévue dans un délai de six mois. Du 1er novembre 2026 au 30 avril 2027.
Activités Estimation en jours
Etude de documents 2.0
Réunion d’introduction au bureau de la Coopération suisse 0.5
Préparation des documents de l’évaluation 2.0
Analyse du contexte et de la situation de la PPS 2.0
Rédaction du rapport préliminaire 2.0
Réunions et entrevues avec les parties prenantes 3.0
Mission sur le terrain 6.0-10.0
Rédaction du rapport intermédiaire 4.0
Présentation du rapport intermédiaire au bureau Coopération suisse 0.5
Rédaction du rapport final 4.0
Total 25.0-30.0
Compétences et qualifications requises :
Qualifications requises
• Au moins 10 ans d’expérience dans les services de consultation et d’évaluation.
• Expérience pertinente relative aux différents objectifs visés par l’évaluation.
• Bonne connaissance des récentes développements dans le domaine de la PPS en Haïti.
• Expérience de la programmation humanitaire en Haïti.
• Expérience de collaboration avec des entités gouvernementales, des ONG locales et
internationales et les agences internationales (en particulier PAM et BM).
• Excellente capacité de rédaction et bonne capacité de présentation des documents.
• Maitrise orale et écrite du français (tous les livrables devront être rédigés en français).
portauprince@eda.admin.ch
09/09/2026 à 13:33
Information pour la transmission des offres
L’offre doit être transmise par courriel à portauprince@eda.admin.ch au plus tard le 1er octobre
2026, avant 18h00 (heure d’Haïti).
Le budget disponible pour cette évaluation est de CHF 50’000.
Elle doit être constituée de la manière suivante :
• Une offre technique ne dépassant pas 10 pages présentant :
✓ Compréhension du mandat.
✓ Approche et méthodologie proposée.
✓ Calendrier prévisionnel.
✓ Présentation de preuve d’expériences dans l’exécution de mandats similaires.
• Une offre financière (USD) ne dépassant pas une page.
• Une fiche technique comprenant les CV des évaluateurs/trices et les références.